C’est dire que, jadis, les chemins de Saint-Jacques n’ont jamais été des itinéraires bien précis avec des étapes où il était obligatoire de passer.
C’est l’éditeur de la traduction française de la cinquième partie du Liber Sancti Jacobi qui, pour des raisons commerciales, a donné à cet ouvrage le titre de "Guide du pèlerin de Saint-Jacques".
L’auteur présumé de ce texte, Aymeri Picaud, un moine du XIIe siècle n’a pas cherché à écrire un livre du genre des topos-guides de la Fédération Française de randonnée pédestre ou des ouvrages édités par la maison Michelin.
Son œuvre est avant tout une compilation de certains des sanctuaires les plus fréquentés de France et d’Espagne et des vies des saints qui leur sont associés.
Il suffit de le lire pour constater que son auteur, ne propose aucun itinéraire précis. Par exemple, après Conques, aujourd’hui sur la voie dite du Puy, il invite les Bourguignons et les Allemands à passer par Saint-Léonard-de-Noblat, aujourd’hui sur la voie dite de Vézelay.
Les tracés actuels, même s’ils passent par des lieux que traversèrent jadis des pèlerins de Saint-Jacques sont des créations contemporaines. Ce n’est pas très grave. S’ils ne peuvent prétendre à une authenticité qui exclurait d’autres itinéraires, leurs balisages, leurs traces GPS, leurs réseaux de gîtes et les renseignements fournis par les guides et les sites internet qui leur sont dédiés sont fort utiles aux pèlerins actuels. Ils sont là pour les aider pas pour les enfermer. À chacune et à chacun de les suivre ou de s’en écarter selon ce que lui dictent sa conscience ou sa fantaisie.